Glaucomes et psychologie

Document destiné aux patients
Publié le 18 septembre 2007
par Marie-Pierre Savelsbergh-Fillette
Le glaucome est une maladie chronique comme le diabète ou l’hypertension artérielle. Or, vivre une maladie chronique transforme l’existence. Votre santé n’est plus une évidence. C’est un changement dans votre vie qui implique de prendre pour devise le mot "adaptation" et d’accepter souvent une forte réaction émotionnelle.

Lorsque l’ophtalmologiste diagnostique votre glaucome, vous pouvez ressentir un soulagement parce que ce diagnostic met fin à une longue période d’incertitude (plusieurs praticiens consultés souvent...) mais vous pouvez aussi recevoir cette nouvelle comme un choc parce que vous avez entendu parler du glaucome ou qu’un proche en souffre. Parfois même, beaucoup plus tard, vous ressentez qu’une chose pareille est inconcevable.
Il vous faudra accepter la nouvelle pour retrouver un équilibre psychologique et vous résigner de devoir apprendre à vivre avec votre maladie.
Cette adaptation est un processus complexe, de longue haleine qui comporte plusieurs phases avant d’arriver à celle de l’acceptation mais tout le monde finit par réussir à s’accomoder du glaucome.

Le refus d’admettre la réalité

Le refus d’admettre la réalité précède souvent le sentiment d’anxiété. C’est une posture qui permet de se mettre dans une situation antérieure réconfortante sans nouveauté à gérer. Si c’est une pause necessaire, il vous faudra cependant accepter la réalité sans s’obstiner à essayer de faire tout ce que vous faisiez autrefois. Mieux vaut se définir un nouveau mode de vie adapté à ce que le glaucome vous permet de faire.

L’anxiété initiale peut vous assaillir à d’autres moments lors d’’un changement d’état - par exemple si on vous propose du laser ou de la chirurgie. Votre avenir vous inquiète.

Rassurez-vous, la recherche avance et de nouveaux traitements pour votre glaucome apparaissent régulièrement.

Après, vient souvent la colère

Après, vient souvent la colère, elle-même étroitement liée au sentiment d’injustice. "Pourquoi moi ?". Vous regardez les autres avec un sentiment de jalousie dans les premiers temps mais vous ressentez que vous aurez, un jour ou l’autre, besoin d’eux. Au lieu de repousser leur aide, ne les découragez pas !

A l’inverse, il est nocif d’adopter un comportement qui reflète plus de courage que vous n’en avez ou même de s’auto-accuser.
Se sentir coupable est souvent lié au sentiment d’impuissance que l’on ressent. En vous traitant régulièrement et à heures fixes vous lutterez activement contre ce sentiment.

La perte de confiance en soi

La perte de confiance en soi peut être une autre réaction émotionnelle. Si les relations sont solides avec votre famille ou votre partenaire, ils vous accepteront tel que vous êtes et continueront à vous apprécier. Il est trés important d’exprimer sa tristesse, d’évacuer son chagrin ou son irritabilité.
Une aide psychologique pourra vous être d’un grand secours (consultation d’un psychologue ou d’un psychiatre, dialogue singulier avec votre médecin traitant référent, participation à des groupes de parole entre patients glaucomateux, etc.)

La phase d’acceptation

A l’issue de ces phases, vous atteindrez celle de l’acceptation. Vous intégrerez la maladie à votre existence et la vie vaudra à nouveau la peine d’être vécue. Du temps et du travail sur soi vous seront nécessaires. Soyez sûr que vos médecins vous y aideront.

D’après Dorothée Vessies, psychologue,
University Hospital Groningen, Pays-Bas
SEP et psychologie - Biogen France S.A


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